Source : The Lancet Auteur : Derek K Chu, Elie A Akl, Stephanie Duda, Karla Solo, Sally Yaacoub, Holger J Schünemann

ANALYSE:

Commentateur : Dr Marie Moitry.

Résumé

  • En absence d’études randomisées, cette méta-analyse apporte des preuves assez solides de l’existence d’une efficacité des mesures de distanciation physique et du port du masque dans la prévention de l’infection chez les personnes exposées à des malades. Ses limites (MA d’études observationnelles, absence de mesure de l’effet de la durée d’exposition, pas de mesure standardisée des distances…) amènent à interpréter avec prudence la taille des effets observés.
  • Il reste difficile de transposer ces résultats en population, les comportements individuels et collectifs étant susceptibles de dévier des procédures imposées dans les études observationnelles ou expérimentales.

Objectif

  • Etudier l’efficacité de la distanciation physique, port du masque et protection oculaire sur le risque de transmission du COVID-19 chez des personnes exposées à des sujets infectés.

Type d’étude et résultats

  • Revue systématique de 172 études et méta-analyse de 44 études observationnelles, dont 7 concernant le COVID, les autres concernant le SARS et le MERS.
  • L’analyse des données poolées retrouvait une diminution du risque de transmission virale lorsque la distance avec la personne infectée était >= à 1m et avec le port du masque (+ importante avec un FFP2 ou équivalent). Le risque d’infection était aussi plus faible avec le port d’une protection oculaire. La réduction du risque s’accentuait lorsque la distance dépassait 1m.

Forces 

  • Méta-analyse sur 44 études
  • Etude sur le COVID-19, mais aussi le SRAS et le MERS, donc avec davantage de données
  • Etude effectuée selon les méthodes de référence de la méta-analyse

Faiblesses

  • Méta-analyse d’études observationnelles
  • Études essentiellement dans des pays asiatiques
  • Pas de détails par étude sur les procédures de mesure des distances entre individus
  • Pas de données sur le port ou non du masque chez la personne infectée, pas de mesure de l’effet du port combiné « personne infectée » + « personne exposée »
  • Biais potentiels des études rendant l’évaluation quantitative du risque incertaine
Pas de mesure de l’effet de la durée d’exposition. Lire toute l’analyse ICI. The Lancet Voice : https://www.thelancet.com/the-lancet-voice


Source : Haut Conseil de la santé publique

 


AVIS

relatif à l’utilisation de l’hydroxychloroquine dans le Covid-19

24 mai 2020

Le Haut Conseil de la santé publique HCSP a été saisi en urgence par courriel en date du 23 mai 2020 afin de donner un avis sur l’utilisation de l’hydroxychloroquine dans le Covid-19. Le DGS souhaite disposer de l’avis du HCSP s’agissant de l’évolution de l’accès aux thérapeutiques contre le Covid-19 à la suite de la publication du récent article du Lancet sur l’analyse bénéfices risques de cette molécule dans différentes conditions. La DGS demande en particulier au HCSP d’indiquer également si son analyse collégiale remet en cause les mesures du décret n° 2020-314 du 25 mars 2020 complétant le décret n° 2020 -293 du 23 mars 2020 pour faire face à l’épidémie de Covid19 dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire.


Télécharger l’article complet


Source : medRxiv Auteurs : Elizabeth Williamson and al.
  “Voici une étude britannique, qui a été reprise largement dans les médias. Elle s’intéresse aux facteurs de risque de décéder (à l’hôpital) du COVID en population générale. Échantillon de plus de 17 000 000 d’adultes adhérents au NHS (Angleterre), avec un peu plus de 5000 décès intra-hospitaliers attribués au COVID-19. On y retrouve les facteurs de risque classiques, mais aussi, de façon originale, la précarité (sur la base de la zone géographique) et l’appartenance à un groupe ethnique autre que « blanc ». Une étude « big data », qui ne prend en compte que les décès intra-hospitaliers et ne donne pas d’informations sur le risque de contracter la pathologie : elle mélange « risque de contracter la maladie » et « risque de décéder une fois infecté » présenté par le Dr Marie MOITRY


Source : The Lancet Auteurs : Corey M Peak and al.
  “Un article qui compare les mesures de quarantaine stricte avec le “active tracing” des personnes contact “Individual quarantine vs active monitoring…”. Dans la plupart des simulations effectuées, l’efficacité des deux stratégies n’était pas différente : soit elles permettaient de contrôler l’épidémie, soit elle ne le permettait pas. L’article est très complexe sur le plan de la modélisation, il est commenté dans le papier COVID-19 : when should quarantine be enforced. Celui-ci aborde également la problématique de l’acceptation de la restriction de libertés qu’imposent ses mesures, et encourage la prise en compte de leur impact sur la vie économique et sociale dans les modélisations futures. .” présenté par le Dr Marie MOITRY


Source : Journal of Infectious Diseases Auteur : X Nie et al.

ANALYSE:

Commentateur : Dr David REY.

Objectif :

  • Analyser les caractéristiques épidémiologiques des cas confirmés de COVID, et les délais contacts – début des symptômes – diagnostic
Principaux résultats :
  • 54,12% d’hommes, âge moyen de 44,24 ans (2 mois  à 97 ans !),
  • 60% ont entre 30 et 59 ans,
  • 61,5% sont importés dont 37,56% viennent de Wuhan.
  • L’âge moyen diminue dans le temps, ainsi que la proportion de cas importés (efficacité du confinement).
  • L’incubation médiane est de 5 jours, elle est < 13 jours dans 95% des cas.
  • Les délais entre début des signes et diagnostic, entre début des signes et première consultation, et entre première consultation et diagnostic, diminuent toutes dans le temps (ce qui est assez logique …).
Conclusion :
  • Courte période d’incubation (5 jours). L’infection touche en majorité une population d’âge moyen.
  • Efficacité des mesures de confinement. Consultations et diagnostic plus rapides dans le temps.
Accédez à l’analyse complète ICI.


Source : Lancet Infect Dis Auteur : Adam J Kucharski et al.

ABSTRACT :

Background An outbreak of severe acute respiratory syndrome coronavirus 2 (SARS-CoV-2) has led to 95333 confirmed cases as of March 5, 2020. Understanding the early transmission dynamics of the infection and evaluating the effectiveness of control measures is crucial for assessing the potential for sustained transmission to occur in new areas. Combining a mathematical model of severe SARS-CoV-2 transmission with four datasets from within and outside Wuhan, we estimated how transmission in Wuhan varied between December, 2019, and February, 2020. We used these estimates to assess the potential for sustained human-to-human transmission to occur in locations outside Wuhan if cases were introduced.


Source : Gastroenterology Auteur : Lorenzo Norsa and al.

ANALYSE

Commentateur : Pr Jean-Marie REIMUND Objectif de l’étude : Evaluer le risque d’infection à Covid-19 dans un centre expert MICI dans une région à forte circulation du virus en Italie du Nord. Résultats : Aucun patient n’a présenté de signes évocateurs d’infection à Covid-19 et aucun patient hospitalisé n’avait de test PCR positif pour le Covid-19. Plus de la moitié des patients étaient uniquement sous traitement par dérivés 5-aminosalicylés (5-ASA ; 59 %), seulement 22 % sous thiopurines et 16 % sous biothérapies (infliximab, adalimumab, golimumab, vedolizumab, ustekinumab). Durant la même période, 479 patients sans MICI étaient hospitalisés pour une forme sévère d’infection à Covid-19. Lire l’analyse complète ICI.


Source :Intensive Care Med Auteur : Marie‑Christine Copin and al.

ANALYSE

“Vous trouverez dans l’article ci-joint des données anatomopathologiques de patients décédés de COVID19, avec une différenciation en 2 phénotypes (décrit dans l’article de Gattinoni et al. Intensive Care Med.2020) :
  • Un phénotype L  qui apparaitrait 5 jours après le début des signes cliniques, caractérisé par une pneumonie virale lymphocytaire (avec infiltration de lymphocytes T et hyperplasie des pneumocytes ;
  • Un phénotype H qui apparaitrait 20 jours après le début des signes cliniques, caractérisé par une fibrose pulmonaire aiguë (AFOP). Dans cette seconde phase la question d’un traitement par corticothérapie est posée pour éviter l’irréversibilité du phénomène”
Un article proposé par le Dr Thomas LAVAUX.

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