SourceNature (2020) Auteur : Seth Flaxman, Swapnil Mishra, Axel Gandy, H. Juliette T. Unwin, Thomas A. Mellan, Helen Coupland, Charles Whittaker, Harrison Zhu, Tresnia Berah, Jeffrey W. Eaton, Mélodie Monod, Imperial College COVID-19 Response Team, Azra C. Ghani, Christl A. Donnelly, Steven M. Riley, Michaela A. C. Vollmer, Neil M. Ferguson, Lucy C. Okell & Samir Bhatt

ANALYSE

Commentateur

Dr Moitry Marie

Objectifs et Résultats

  • Étude de modélisation dont l’objectif est d’estimer les effets de 5 interventions mises en place dans 11 pays européens (distanciation physique, fermeture des écoles, interdiction des grands rassemblements, isolement des cas et confinement), notamment sur le nombre de décès évités
  • En prenant en compte la variété des politiques dans les différents pays, le nombre de décès évités s’élèverait à plus de 3 millions dans les 11 pays, dont près de 700 000 en France (données au 4 mai). Le confinement aurait eu l’effet le plus important. Environ 5% de la population française serait immunisée (proche des estimations de l’institut Pasteur).

Points forts

  • Article reviewé
  • Données sur le nombre de cas et de décès issues de la base de l’ECDC (European Center of Disease Control) ; disponibilité des données initiales et simulées ainsi que des codes sources des analyses
  • Suivi des mesures prises par les différents pays au fur et à mesure, selon les sources gouvernementales
  • Chiffres obtenus avec le modèle fidèle aux données recueillies
  • Analyses par pays, détaillées, méthodes et résultats clairs et exhaustifs.

    Points faibles

  • Article non finalisé (processus accéléré)
  • Etude de modélisation, avec de nombreuses hypothèses
  • Impossibilité de prendre en compte l’effet propre de chaque mesure et les changements spontanés de comportements en population
  • Disparités de décompte des décès entre pays, sous-estimation possible du nombre de cas (dépistages limités).

Vous pouvez télécharger l’analyse ICI.  


Source : JAMA. Published online June 3, 2020. doi:10.1001/jama.2020.10044 Auteur : Ling LiWei ZhangYu Hu; et al

ANALYSE

Commentateur

Dr REY David

Objectif

Evaluer l’efficacité et la tolérance de transfusion de plasma de personnes convalescentes (guérison depuis au moins 2 semaines, PCR négativée 2 fois, 18-55 ans, vérification sérologie COVID).

Points forts

Etude randomisée comparative.

Points faibles

Fin d’étude prématurée (fin d’épidémie), donc effectif inférieur aux 200 patients prévus. Autres traitements possibles (antiviraux, corticoïdes), sans “contrôle” entre les 2 groupes.

Conclusion

Globalement pas de bénéfice clinique de la transfusion de plasma; petit bénéfice pour les formes sévères sans engagement du pronostic vital. Négativation des PCR plus rapides après transfusion de plasma. Vous pouvez télécharger l’analyse ICI.  


Source : JAMA. Published online June 3, 2020. doi:10.1001/jama.2020.10044 Auteur : Pilar VizcarraMaría J Pérez-ElíasCarmen QueredaAna MorenoMaría J VivancosFernando Dronda,  José L Casado, on behalf of the COVID-19 ID Team.

ANALYSE

Commentateur

Dr REY David

Objectif

Décrire le taux d’infection, et les caracéristiques cliniques, des infections COVID chez les patients adultes vivant avec le VIH.

Points faibles

Possible surestimation en incluant des cas suspects donc non confirmés, mais aussi de sous-estimation compte-tenu des recommandations locales limitant les frottis diagnostiques.

Conclusion

Taux d’infection COVID de 1,8% dans cette cohorte de PVVIH (1,2% pour les cas confirmés, versus 0,9% dans la population générale de la région). Présentation clinique et radiologique comparable à la population générale. 6 formes sévères (12%) dont 2 ont des CD4 < 200/mm3, et 2 décès (4%). Pas d’effet protecteur des ARV. La prise en charge doit être la même que pour les personnes non infectées par le VIH. Vous pouvez télécharger l’analyse ICI.  


Source : Lancet HIV 2020 May 25;S2352-3018(20)30146-6. doi: 10.1016/S2352-3018(20)30146-6. Auteur : Muhammad JunejoNicolo GiromettiAlan McOwanGary WhitlockDean Street Collaborative Group

ANALYSE

Commentateur

Dr REY David

Objectif

La clinique de santé sexuelle du 56 Daen Street à Londres, délivre le Traitement Post-Exposition après risque sexuel, selon les recommandations; en 2018, celle seule clinique a délivré 1/4 des 12 000 TPE du pays !

Conclusion

Baisse de 80% de distribution du TPE dans la clinique de santé sexuelle ayant la plus grosse activité du pays. Vous pouvez télécharger l’analyse ICI.  


Source : The Lancet Auteur : Derek K Chu, Elie A Akl, Stephanie Duda, Karla Solo, Sally Yaacoub, Holger J Schünemann

ANALYSE:

Commentateur : Dr Marie Moitry.

Résumé

  • En absence d’études randomisées, cette méta-analyse apporte des preuves assez solides de l’existence d’une efficacité des mesures de distanciation physique et du port du masque dans la prévention de l’infection chez les personnes exposées à des malades. Ses limites (MA d’études observationnelles, absence de mesure de l’effet de la durée d’exposition, pas de mesure standardisée des distances…) amènent à interpréter avec prudence la taille des effets observés.
  • Il reste difficile de transposer ces résultats en population, les comportements individuels et collectifs étant susceptibles de dévier des procédures imposées dans les études observationnelles ou expérimentales.

Objectif

  • Etudier l’efficacité de la distanciation physique, port du masque et protection oculaire sur le risque de transmission du COVID-19 chez des personnes exposées à des sujets infectés.

Type d’étude et résultats

  • Revue systématique de 172 études et méta-analyse de 44 études observationnelles, dont 7 concernant le COVID, les autres concernant le SARS et le MERS.
  • L’analyse des données poolées retrouvait une diminution du risque de transmission virale lorsque la distance avec la personne infectée était >= à 1m et avec le port du masque (+ importante avec un FFP2 ou équivalent). Le risque d’infection était aussi plus faible avec le port d’une protection oculaire. La réduction du risque s’accentuait lorsque la distance dépassait 1m.

Forces 

  • Méta-analyse sur 44 études
  • Etude sur le COVID-19, mais aussi le SRAS et le MERS, donc avec davantage de données
  • Etude effectuée selon les méthodes de référence de la méta-analyse

Faiblesses

  • Méta-analyse d’études observationnelles
  • Études essentiellement dans des pays asiatiques
  • Pas de détails par étude sur les procédures de mesure des distances entre individus
  • Pas de données sur le port ou non du masque chez la personne infectée, pas de mesure de l’effet du port combiné « personne infectée » + « personne exposée »
  • Biais potentiels des études rendant l’évaluation quantitative du risque incertaine
Pas de mesure de l’effet de la durée d’exposition. Lire toute l’analyse ICI. The Lancet Voice : https://www.thelancet.com/the-lancet-voice


Source : Clinical Infectious Diseases Auteur : Fadel R. et al.

ANALYSE:

Commentateur : Dr David REY. Objectif :
  • Evaluer le bénéfice d’une courte corticothérapie chez des patients hospitalisés pour une infection COVID-19
Principaux résultats :
  • Une progression clinique survient chez 34,9% des patients sous corticoïdes versus 54,3% avec le traitement standard (p = 0,005).
  • Un bénéfice est observé pour chacun des 3 critères composites de l’objectif principal.
  • La durée d’hospitalisation est également plus courte sous corticoïdes.
Conclusion :
  • Bénéfice d’une courte corticothérapie instaurée précocément en cas de COVID modéré.
Lire toute l’analyse ICI.


Source : JAMA Auteur : Sood N. et al.

ANALYSE:

Commentateur : Dr David REY. Objectif :
  • Déterminer la séroprévalence du SARS-CoV-2 dans un échantillon de la population de Los Angeles (tirée au sort, avec des quotas par sous-groupe selon âge, sexe, et distribution ethnique).
Principaux résultats :
  • 35 personnes, soit 4,06% ont une sérologie positive.
  • Positivité plus élevée chez les hommes, les 35-54 ans et les afro-américains.
  • Au final, la prévalence pondérée est de 4,65%.
Conclusion : 
  • Séroprévalence COVID-19 population adulte à Los Angeles: 4,65%.
Lire toute l’analyse ICI.


Source : Clinical Infectious Diseases Auteur : Leolin Katsidzira et al

ANALYSE:

Commentateur : Dr David REY.

Voici un article très intéressant sur l’épidémiologie du COVID-19 au Zimbabwe proposé par le Dr David Rey, ses conséquences, et des éléments d’explication de l’impact très faible !

  • à la date du 1er mai 2020 : seulement 34 cas confirmés d’infections à SARS-CoV-2, le plus souvent asymptomatiques ou modérés, et 4 décès ; ce sont tous des cas importés d’Angleterre, des Etats-Unis et de Dubaï, mais aucun de Chine !
  • un confinement a été mis en place (21 jours, étendu avec 14 jours de plus)
  • les conséquences sont les mêmes que dans les pays occidentaux : moyens sanitaires dédiés au COVID, avec une réduction des activités médicales habituelles, et une crainte sur les programmes de lutte contre la tuberculose
  • particularités épidémiologiques expliquant le faible nombre de cas : 1. Le COVID a plutôt touché les communautés riches (voyageant vers l’Europe ou les Etats-Unis) ; 2. 63% des habitants vivent en zone rurale (donc plus de distanciation, et peu d’utilisation des transports en commun) ; 3. Peu de trafic aérien, contrairement à l’Afrique du Sud (pays le plus touché) ; 4. La population est jeune : 89% a moins de 50 ans, et 2,8% plus de 75 ans, par ailleurs les anciens sont très peu en institution.
  • L’infection VIH pourrait malheureusement aggraver la situation du COVID, mais il semble y avoir eu beaucoup de progrès dans la prise en charge des PVVIH (90% connaissent leur statut sérologique, 88% sont sous traitement et 73% en contrôle virologique, donc la crainte de départ n’est pas confirmée.
  • Les conséquences économiques, le dépistage, le « tracing », la protection des soignants, sont discutés.
  • Reste à savoir si les données sont fiables …
Mots-clés : COVID-19, SARS-CoV-2, tuberculose, VIH, Zimbabwe, Afrique sub-Saharienne

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