Source : ResearchGate Auteur :Kassem Sharif, Charlie Bridgewood

ANALYSE

Commentateur : Dr Thomas LAVAUX

Thème : 

Mécanisme du syndrome d’activation macrophagique pulmonaire en lien avec l’IL-6

A noter : L’IL-6 semble jouer un rôle important dans la physiopathologie de l’infection à SARS-CoV-2. Différents modèles de pneumopathie virales ou toxiques ont montré une augmentation d’IL-6 dans une phase dite hyperinflammatoire. Cette phase hyperinflammatoire, qui ressemble à un syndrome d’activation macrophagique, est d’abord limitée à la sphère pulmonaire. Elle semble pouvoir s’étendre dans les formes de SARS-Cov-2 les plus sévères, induisant une tornade cytokinique extrêmement délétère. Le caractère biphasique de cette infection est également noté, en particulier pour définir des stratégies thérapeutiques adaptées. Des schémas et un résumé de la physiopathologie de ce syndrome d’activation macrophagique pulmonaire complète cette synthèse. Conclusion : une intervention thérapeutique anti-inflammatoire, basées par exemple sur des molécules bloquants l’IL-6 (anti-il6r) est envisageable compte-tenu de l’implication de cette interleukine dans les modèles de pneumopathies proches de celle du COVID19. La place des corticostéroïdes est également discutée.


Source : NATURE Medecine Auteur :Nancy H. L. Leung and al.

ANALYSE

Commentateur : Dr Marie MOITRY

Points clés :

  • L’étude montre que, en plus des gouttelettes, les aérosols de l’air expiré par les malades pourraient être un mode de transmission du SARS-Cov-2, même chez les patients asymptomatiques.
  • Les masques chirurgicaux sont efficaces pour réduire la détection du virus ainsi que sa charge virale dans les gouttelettes et les aérosols de l’air expiré et l’étude confirme leur utilité chez les personnes malades.
  • Les conditions expérimentales et le peu de données disponibles sont des limites à prendre en compte pour l’interprétation des résultats sur le potentiel infectieux de la charge virale dans l’air expiré en situation réelle, et ce d’autant plus que la contagiosité du SARS-CoV-2 reste à ce jour incertaine.


Source : CHU de Strasbourg

Auteur : Dr Thomas LAVAUX


ETUDE 

Le syndrome de réponse inflammatoire systémique, réponse inflammatoire excessive, est un mécanisme étudié depuis plus de trente ans dans les infections d’origine bactériennes. L’infection a SARS-CoV de 2003 a permis de comprendre un certain nombre de mécanismes de la réponse immunitaire innée à cette infection virale. Pour ce SARS-CoV, son caractère bi-phasique, une réponse antivirale initiale puis la tornade cytokinique secondaire avec l’atteinte pulmonaire grave sont des phénomènes qui ont été reproduits sur des modèles animaux. Le parallèle entre SARS-CoV et SARS-CoV-2 est utile en attendant plus de données fondamentales sur cette nouvelle souche virale, afin de mieux comprendre les mécanismes biologiques sous-jacents. Nous espérons que ces données compilées permettront d’éclairer le choix des stratégies thérapeutiques présentes et à venir. Ce document est amené à évoluer au fur et à mesure de la publications de nouveaux travaux scientifiques sur le sujet.

 


Télécharger l’article complet


Source : Annals of Oncology Auteur :Zhang L, Zhu F, Xu L et al.

ANALYSE

Commentateur : Pr Elisabeth QUOIX

Objectif:

  • Etablir si les patients infectés par le COVID et ayant un cancer ont un tableau clinique différent, une évolution plus sévère et si dans ce contexte, les patients ayant un cancer devraient ou non recevoir les traitements anti-tumoraux habituels

Principaux résultats:

Age médian 65 ans (IQR 56-70), 17 hommes et 11 femmes. 11 patients avaient, outre le cancer, une ou des comorbidités. Le cancer le plus fréquent est à nouveau le cancer bronchique : 7/28 soit 25% des cas. Parmi tous les cancers, 10 soit 35,7% étaient au stade métastatique. Dans les 2 semaines précédant le diagnostic d’infection au COVID-19, 6, soit 21,4% des cas avaient reçu un traitement antitumoral. Dans 8 cas, l’infection avait été contractée à l’hôpital (infection nosocomiale). Les symptômes cliniques les plus fréquents étaient la fièvre chez 23 patients, la toux sèche chez 22 patients, la fatigue chez 18, une dyspnée chez 14 donc 40% d’entre eux, et 4 avaient une polypnée > 30 cycles/mn Vous pouvez télécharger l’analyse ICI.


Source : Clinical Infectious Diseases Auteur :JP Dudley, NT Lee

ANALYSE

Commentateur : Dr David REY

Objectif:

  • Evaluer la morbidité et la mortalité du COVID-19 en Chine et Corée du Sud, et comparer selon âge et sexe

Principaux résultats:

  • Chine: morbidité donne une courbe de Gausse (pic: 50-59 ans), Corée: distribution bimodale (pics: 20-29 ans et 50-59 ans). Chine: 49% de femmes, Corée: 62% de femmes. Dans les 2 pays: mortalité nettement plus élevée chez les hommes.

Points forts :

  • Premières données de Corée du Sud

Points faibles :

  • Que valent les données des CDC de Chine et Corée du Sud ? Résultats très peu développés.

Conclusion :

  • Morbidité COVID-19: courbe de Gausse en Chine, distribution bimodale en Corée du Sud. Mortalité plus élevée chez les hommes.
Vous pouvez télécharger l’analyse ICI.


Source : CHEST Auteur :Zhang B et al.

ANALYSE

Commentateur : Dr David REY

Objectif:

  • Evaluer l’efficacité clinique de la transfusion de plasma de patients convalescents, à des patients atteints de formes sévères de COVID-19

Principaux résultats:

  • Amélioration des 4 patients, 3 retours à domicile, 1 sortie de réanimation.

Points forts :

  • Premières données sur ce concept thérapeutique dans les infections COVID-19. Pas d’effet indésirable grave.

Points faibles :

  • Absence de groupe contrôle. Tous les patients ont eu des antiviraux.

Conclusion :

  • Impossible de conclure: patients avec atteinte sévère, s’améliorent, mais pas de groupe contrôle.
Vous pouvez télécharger l’analyse ICI.


Source : JAMA | Preliminary Communication Auteur :Chenguang Shen and al.

ANALYSE

Commentateur : Dr David REY

Objectif:

  • Evaluer l’efficacité clinique de la transfusion de plasma de patients convalescents, à des patients atteints de formes sévères de COVID-19

Principaux résultats:

  • Même si 2 patients restent hospitalisés à la date du 25 mars, tous les paramètres s’améliorent assez rapidement (1 semaine): score SOFA, charge virale, marqueurs biologiques inflammatoires, scanner pulmonaire. Les anticorps neutralisants augmentent chez les receveurs.

Points forts :

Premières données sur ce concept thérapeutique dans les infections COVID-19.

Points faibles :

Absence de groupe contrôle. Tous les patients ont eu des corticoïdes et antiviraux. Transfusion faite 10 à 22 jours après l’arrivée à l’hôpital (délai trop long ?). Absence de données sur la tolérance.

Conclusion :

Impossible de conclure: patients avec atteinte sévère, s’améliorent, mais pas de groupe contrôle. Vous pouvez télécharger l’analyse ICI.

2 avril 2020 ActualitésAnalyses

Source :Lancet Public Health 2020

Auteur : Tim Colbourn


ANALYSE

Commentateur : Dr Marie MOITRY

Cet article commente l’article “The effect of control strategies to reduce social mixing on outcomes of the COVID-19 epidemic in Wuhan, China – a modelling study” que vous trouverez sur notre site. 

https://www.groupedeveillecovid.fr/blog/2020/04/02/the-effect-of-co…-modelling-study/

Il explore les pistes de sortie de confinement : dépistage, organisation du système de soins, découverte de traitements efficaces… Il souligne l’importance d’intégrer ces paramètres dans les modèles mathématiques au fur et à mesure de l’avancée dans l’épidémie, et d’affiner la connaissance des caractéristiques propres au virus (contagiosité, R0…) afin d’améliorer leurs capacités prédictives.

Télécharger l’article complet


Source : Lancet Public Health 2020 Auteur : Kiesha Prem and al.

ANALYSE

Commentateur : Dr Marie MOITRY   Parue le 25/03 dans le LANCET public health, une nouvelle étude de modélisation des stratégies de confinement. Elle ne s’attarde pas sur les chiffres mais plutôt sur les effets de ces stratégies dans le temps et selon l’âge ainsi que leur potentiel sur l’évolution de l’épidémie. Cette article est aussi commenté dans  : COVID-19- extending or relaxing distancing measures” , que vous retrouvez dans la rubrique “Epidémiologie et santé publique”

Objectif:

Modéliser les différentes trajectoires possibles de propagation de l’épidémie de Covid-19 en prenant en compte l’âge des personnes, selon plusieurs scénarios sur les mesures de limitation de propagation de l’épidémie.

Résultats:

  • Les mesures les plus restrictives (fermeture des écoles, distanciation sociale et limitation des activités professionnelles au strict minimum), permettraient de réduire l’incidence cumulée des infections à la fin 2020 et de retarder le pic épidémique, avec des effets variables selon l’âge.
  • Une prolongation de ces mesures d’un mois permettrait de retarder le pic épidémique de deux mois (novembre pour une levée des mesures en avril contre septembre pour une levée en mars).

Limites :

  • Comme dans les autres études de modélisation, les hypothèses énoncées sont nombreuses, et il est difficile de généraliser les résultats à d’autres pays.
  • Elle fait l’hypothèse d’un retour relativement rapide à la normale après la levée des mesures de confinement, ce qui ne semble aujourd’hui pas envisagé.
  • Elle ne peut pas prendre en compte les effets du dépistage généralisé, de la saisonnalité, la découverte de traitements ou le développement d’un vaccin.

Points forts:

  • L’étude ne s’attache pas à donner des chiffres (souvent alarmistes) sur le nombre de cas, en reconnaissant l’incertitude inhérente aux nombreuses hypothèses posées et en en testant certains effets.
  • Elle donne des éléments concernant les effets des mesures selon les tranches d’âge.

Conclusion:

  • Cette étude apporte de nouveaux arguments en faveur de la mise en place sur un temps assez long de mesures strictes de distanciation sociale et de l’importance de leur levée progressive et au juste moment.
  • Elle montre leur importance pour retarder le pic épidémique, ce qui laisserait du temps pour l’organisation des systèmes de soins.
  • En testant différentes hypothèses sur la contagiosité (durée et hétérogénéité selon les individus), et les incertitudes notamment liées notamment au R0, elle nous rappelle que les modèles mathématiques sont des outils indispensables de compréhension de l’épidémie et de choix de santé publique, mais que leurs prédictions restent fragiles et doivent être actualisées avec l’avancée dans l’épidémie.

1 avril 2020 ActualitésAnalyses

Source : The LANCET Infection

Auteur : Joseph A Lewnard et al.


Changer de perspective

Commentateur : Dr Marie MOITRY

Cet article envisage l’épidémie sous un angle plus social !

Cet article donne un aperçu des conséquences potentielles des politiques migratoires aux Etats-Unis (en particulier les restrictions d’accès à la santé), sur l’épidémie chez les travailleurs sans-papiers : environ 7,1 millions sont sans assurance santé, avec des emplois précaires menacés par le confinement.

S’il n’est pas pertinent de faire un parallèle strict avec la situation française, cela nous rappelle que les personnes les plus fragiles sont encore plus vulnérables face à l’épidémie de Covid-19, que ce soit pendant ou après la crise.

 


Télécharger l’article complet

© Les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg 2020 - Tous droits réservés