Informations relatives aux psychotropes et à leurs adaptations éventuelles pour les patients souffrant de troubles psychiques en France pendant l’épidémie à SARS-CoV-2

6 mai 2020

Source : SciencesDirect

Auteur : H. Javelot et al.


ABSTRACT:

La pandémie 2019–20 liée au coronavirus (SARS-CoV-2 ; severe acute respiratory syndrome coronavirus 2) a des conséquences dramatiques sur les populations en termes de morbi-mortalité et en terme social, le confinement général de près de la moitié de la population mondiale étant une situation inédite dans l’histoire, dont il est difficile aujourd’hui de mesurer l’impact aux niveaux individuel et collectif. Elle touche plus spécifiquement des personnes présentant différents facteurs de risque, qui sont plus fréquents chez les patients souffrant de troubles psychiatriques.

Nous avons pratiqué une revue de la littérature visant à permettre d’évaluer le rapport bénéfice/risque spécifique des traitements psychotropes chez des patients souffrant de COVID-19 (coronavirus disease 2019). Sur le plan clinique, les symptômes évocateurs de la COVID-19 (fièvre, toux, dyspnée, signes digestifs) peuvent être provoqués par différents psychotropes et imposent une vigilance pour éviter faux négatifs et faux positifs. Chez les patients atteints, les psychotropes doivent être maniés avec prudence notamment chez les sujets âgés, en prenant en compte le risque pulmonaire. Lithium et Clozapine, qui sont des médicaments de référence dans le trouble bipolaire et la schizophrénie résistante, justifient une attention spécifique. Le sevrage tabagique nécessaire dans les situations d’insuffisance respiratoire justifie un ajustement posologique pour éviter une mauvaise tolérance des traitements habituels. Les traitements symptomatiques utilisés dans la COVID-19 ont de fréquentes interactions avec les psychotropes les plus utilisés. S’il n’existe pas de traitement curatif de l’infection au SARS-CoV-2, les interactions des différentes molécules actuellementtestées avec plusieurs classes de psychotropes (antidépresseurs, antipsychotiques) sont importantes à prendre en compte du fait de risque de modification de la conduction cardiaque. Les connaissances spécifiques sur la COVID-19 restent pauvres aujourd’hui, mais il faut recommander la rigueur, dans ce contexte, lors du maniement des psychotropes, pour éviter de rajouter, chez les patients souffrant de troubles psychiatriques, potentiellement vulnérables dans le contexte épidémique, un risque iatrogène ou de perte d’efficacité.

 


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